03 88 69 84 30

Spécialités Alsaciennes | Cadre Typique.

Ouvert tous les soirs 7j/7 samedi et dimanche midi et soir.

icone-facebookRetrouvez nous sur facebook !

Le Marronnier, c'est avant tout une équipe, trente personnes avec un objectif commun: vous faire plaisir, et ce depuis 25 ans! C'est en effet en 1990 que le Marronnier a connu sa plus grande transformation, passant du petit "bistrot du village" au vrai restaurant traditionnel alsacien. Puis les agrandissements se sont succédés jusqu’à devenir l'établissement qu'il est aujourd'hui. Depuis 2012, et dans le but constant d'améliorer la qualité de nos prestations, nous sommes passés Maître Restaurateur, vous offrant ainsi le gage d'une cuisine de qualité, réalisée sur place avec des produits frais. Le Marronnier, c'est aussi une bâtisse remplie d'histoire, construite en 1748. 

 

Le Marronnier à Stutzheim

 

Dans la tradition des maisons alsaciennes, avec ses colombages, ses murs en torchis enduits de chaux, elle en a vu passer des hommes, des guerres, et même des tramways! 

 

Le Marronnier à Stutzheim

 

Mais l'histoire du Marronnier commence bien avant, car en 1786 déjà "l'auberge de Stuzheim" était bien connue!!! Les écrits relatent l'histoire du prince Maximilien des Deux-Ponts qui avait l'habitude d'y faire halte après une partie de chasse. Pour les férus d'histoire, vous trouverez plus de détails dans l'article ci-dessous;

 

Le petit prince ... et la fille de l'aubergiste de Stutzheim  

A propos des fonts baptismaux de l'église de Stutzheim...

Il était une fois ...un petit prince, né à Strasbourg le 25 août 1786 dans un salon de l'actuel Palais du Gouverneur militaire de Strasbourg.

Le prince Maximilien des Deux-Ponts, le père du. nouveau- . né, était une personnalité connue à Strasbourg et dans toute l'Alsace... et même à Stutzheim où, après un retour de chasse, il avait l'habitude de faire halte chez Jean-Jacques Jung, Schultheiss (prévôt) et aubergiste du village (actuel restaurant du Marronnier). Familièrement, on l'appelait même « le prince Max ».

Originaire du Palatinat, Maximilien commandait un régiment d'infanterie dit « allemand » qui s'est mis au service du roi de France. En ce temps-là, les régiments appartenaient, en effet, à des familles de l'aristocratie ; sur demande du roi, ils étaient engagés sur tel ou temps champ de bataille. Au repos, le régiment, appelé Alsace Infanterie était hébergé dans une caserne à Strasbourg. Le prince-colonel habitait avec sa famille dans la somptueuse résidence dite alors « Palais des Deux-Ponts », située entre la rue Brûlée et la Place Broglie.

Le régiment Alsace Infanterie recrutait principalement des Alsaciens (peut-être aussi des jeunes gens du Kochersberg) à cause de leur maîtrise du dialecte germanique ; les ordres à la troupe étaient donnés en allemand. Beaucoup de jeunes recrues d'origine modeste ont ainsi pu suivre une carrière dans les armes. L'avancement en grade et l'épaulette étaient un signe de récompense pour le courage.

Le baptême du petit prince Louis

Né le 25 août 1786, le petit prince reçut les prénoms Charles Louis Auguste ; il était le fils aîné du prince-colonel Maximilien et de la princesse Marie Wilhelmina Augusta. En fait, on retiendra pour lui le prénom Louis en hommage à son parrain qui n'était autre que Louis XVI, roi de France.

Le jeudi 14 septembre 1786, le petit prince Louis a été porté sur les fonts baptismaux de la proche église Saint-Pierre-le-Jeune qui était alors placée sous le régime du simultaneum, c'est-à-dire qu'elle était affectée à la fois aux offices catholiques et aux cultes protestants. La cuve baptismale utilisée pour ce baptême se trouvait dans le choeur réservé aux catholiques, derrière le jubé qui existe encore de nos jours. Le baptême a été administré par le chanoine François Antoine Pallas, curé de la paroisse Saint-Pierre-le Jeune ; il était l'oncle maternel de l'abbé Bert de Majan, alors curé de Stutzheim et Offenheim.

Les moustaches des grenadiers

Peu de jours après la naissance de son fils, le prince Maximilien a présidé une revue des troupes sur la place d'armes (actuelle place Kléber). Quelle ne fut pas sa surprise de voir que tous ses grenadiers s'étaient rasés leurs grosses moustaches. Il a interpellé l'un des sergents pour recevoir des explications ; le sergent lui a présenté un superbe coussin en velours qui contenait les moustaches de ses dévoués soldats. Avec beaucoup de respect, le sergent proposa au prince-colonel de déposer ce coussin dans le berceau de son fils Louis.

Une visite surprise au palais princier : 's Schultze Kathel de Stutzheim

La nouvelle de la naissance du petit prince Louis arriva aussi à l'auberge de Stutzheim. La maîtresse de maison n'hésita pas un instant : « Do müen m'rebs ànne brenge; s'esch àlti Tràdition ! » (C'est une vieille tradition ; il faut apporter un cadeau à la maman du nouveau-né). Vite dit, vite fait, Jean-Georges, le fils aîné de la famille, fut immédiatement envoyé au poulailler pour attraper deux poules bien grasses pour la soupe. Sa sœur Catherine - s'Kathel-à peine âgée de 15 ans-fut chargée de porter le cadeau au palais princier le jour d'un prochain marché à Strasbourg.

En ce mois d'été 1786, du haut de sa grande taille, un grenadier montait la garde devant le grand portail du palais princier, tout au bout de la rue Brûlée à Strasbourg. Son attitude impressionnait les passants qui continuaient leur chemin, les yeux baissés. Le garde fut surpris de voir arriver une jeune et ravissante paysanne, les bras lourdement chargés. C'était Catherine Jung - notre Schultze Kathel - qui avait bien trouvé le chemin à travers les vieilles ruelles de la ville. Avec assurance, elle demanda au garde : «Wohntdo de Max ? » (C'est ici qu'habite Max ?). Le grenadier fit une grimace, mais Catherine osa ajouter : « Ehr ware doch mich net frasse welle !» (Vous ne voulez quand même pas me manger I).

«Donner und.. » (Nom de...), explosa le garde, mais reprit son calme, car sa mission était d'empêcher le moindre bruit sous les fenêtres de la princesse. Il essaya de repousser la petite paysanne qui le regardait avec beaucoup d'impertinence. Elle portait dans ses bras un linge blanc d'où émergeaient les petites crêtes des deux poulettes. Piqué au vif, le grenadier brandit son fusil afin de barrer le chemin à la visiteuse.

La jeune Catherine ne perdit pas son sang froid : « Ich well e mol sahn wer mir de Waj versperrt, wann ich züem Max un züe sinere Madame müess ... Der do sicher net ! » (On va bien voir qui va me barrer le chemin pour me rendre chez Max et chez son épouse. Certainement pas celui-là...) - «WillSie gleich das Mau! halten !" » (Allez-vous vous taire immédiatement !), cria à son tour le soldat, « Zurück oder... ! » (En arrière, sinon... !).

Au même instant, on a entendu une voix du haut de l'escalier : «Was gib es da vorne ? » (Qu'est-ce qui se passe là-bas ?). Catherine reconnut immédiatement la voix du prince et s'empressa de répond re : «Der gross Karl met sim abscheuliche G'sicht will mich net neng Ion... un d'Màme hett mir doch g'sait ich soll nur neng gehn ; de Max wursch dü schonfenge. As kannt'ne jedes Kind en de Stàdt » (C'est ce grand gaillard-là, avec son horrible figure, qui ne veut pas me laisser entrer. Mais maman m'a dit d'y aller sans crainte et que je trouverai certainement Max. Chaque enfant de Strasbourg sait où il habite).

  « Du bistKathrinchen ? » (Tu es la petite Catherine ?), répliqua le prince avec amusement et bienveillance et il s'adressa au garde : « LossSie !» (Laisse-la !). Catherine courut vers l'escalier. Le prince l'accueillit au haut des marches d'une voix douce : « Was bringst Du mir, Kathrinchen ? » (Qu'est-ce que tu m'apportes de bon, ma petite Catherine ? - « De Bàbbe un d'Marne lohn sich scheen griese; d'Màme schickt mich züe de Prinzessin mit zwei Suppehiehner » (Papa et maman vous saluent et voilà deux poules grasses pour la soupe). Elle tendit alors au prince le linge avec les deux volatiles. Le prince prit le cadeau et demanda des nouvelles des parents de sa visiteuse, puis il fit avancer la jeune Catherine dans l'antichambre et porta lui-même les deux poules dans l'appartement de son épouse afin de lui montrer le généreux cadeau. Le prince ordonna que l'on serve un petit déjeuner à la jeune fille : du café, du gâteau, des petits fours avec du jambon. A cette époque, le café constituait encore une boisson peu courante, surtout sur les tables paysannes. La petite Catherine ne se fit pas prier ; elle se mit à penser aux repas copieux que sa mère avait l'habitude de servir au prince lors de ses venues à l'auberge de Stutzheim.

Pendant que Catherine prenait ce goûter, le prince quitta le palais pour relever la garde puis pour une promenade à cheval. A son retour, la jeune Catherine, toute triste, attendait encore, assise dans l'antichambre. «Wie, Du bistnoch da ? » (Comment ? Tu es encore là, mon enfant ?) - « Ja », répondit sèchement la petite Catherine. - « Hast du nichts zu essen bekommen ? » (N'as tu rien eu à manger ?). - « Doch » (Si), répondit la jeune fille. - « Oderhat man Dirdein Tuch nichtzurückgegeben ? » (On ne t'a pas rendu ton linge ?), demanda le prince. - « Doch. Hieristes » (Si, le voilà !), répondit Catherine, en montrant le linge immaculé qu'elle a glissé dans la poche de son tablier. - « Willst Du noch etwas zu essen ? Aufwas wartest Du noch » (Est-ce que tu as encore faim, mon enfant ? Tu attends quelque chose ? ) - « De Büe wott ich sahn » (Je voudrais voir le petit I), répliqua Catherine. - «Dos also ist's! » (C'est donc cela ! Eh bien, soit I), fit le prince, surpris et réjoui ; prenant Catherine par la main, il la conduisit dans la chambre de son épouse, en annonçant joyeusement : « Dos Kathrinchen will unsern Buben sehn ! » (La petite Catherine veut voir notre fils !). La sage-femme prit alors le nourrisson dans ses bras et le montra à la jeune fille qui se tenait en silence devant le petit prince et l'observait avec la plus grande attention. Après un long moment, elle dit avec émotion : «So, jetz weiss ich wie Eure Büe üsseht; jetzt kànn ich's de Màme verzahle » (Bon, maintenant, je sais à quoi ressemble votre garçon. Je vais pouvoir tout raconter à ma mère).

Sur ces mots, la jeune Catherine quitta le palais, le cœur plein de bonheur, tout en fusillant du regard le grenadier qui montait la garde. Celui-ci ne comprit pas la raison de ce visage méprisant ; en fait, il ne pouvait pas savoir qui était cette jeune paysanne si énergique, car, entre temps, la garde avait été relevée et ce n'était plus la même sentinelle que le matin.

Bien des années plus tard, le prince Max, devenu roi de Bavière, aimera encore raconter, avec délectation, l'anecdote de la fille du Schultheiss de Stutzheim. 

 

 

ornement